d’Al Azhar à la Salafiyya…(récit)

Le grand savant Hâmid Al Fiqî : d’Al Azhar à la Salafiyya

Le shaykh, le grand savant Hammâd Al Ansâri (1344-1418 h.) nous raconte comment son shaykh, le grand savant égyptien Hâmid Al Fiqî (1310-1377 h.) qui a étudié à l’université d’Al Azhar a connu la Salafiyya.

Ce récit est tiré d’un entretien que le shaykh a eu avec le magazine At-Tawhîd.

L’extrait traduit ici se trouve pages 294-297 du livre :

المجموع في ترجمة العلامة المحدث الشيخ حماد بن محمد الانصاري ….

Le Shaykh dit :

« En ce qui concerne la vie du shaykh Hâmid Al Fiqî : je l’ai rencontré en l’an 1367 de l’hégire.

Je suis venu à lui alors qu’il enseignait l’exégèse d’Ibn Kathîr à la porte de ‘Alî de la mosquée sacrée.

Quand je l’ai entendu, j’ai dit : Voilà ce que je cherchais.

Il prenait les versets relatifs au Tawhîd sur lesquels il attirait l’attention.

Je l’ai entendu de loin, et je me suis assis à son cours.

C’était le premier cours dans lequel je m’asseyais dans la mosquée sacrée alors que j’étais un jeune garçon, mon âge ne dépassait pas 22 ans.

J’ai écouté le cours, qui traitait de l’exégèse des versets relatifs au Tawhîd.

Quand le cours a pris fin et après avoir accompli la prière al ‘ishâ, un homme syrien -dont je ne me souviens pas du nom en ce moment- nous est venu et a dit au shaykh : « Je propose que vous buviez le café chez moi », le shaykh lui dit : « Et ma compagnie », l’homme lui dit : « Amène qui tu veux ».

C’était la première fois que je voyais le shaykh, bien que j’ai beaucoup entendu parler de lui car mon shaykh était l’élève du shaykh Hâmid Al Fiqî.

Nous nous sommes rendus à la maison du frère syrien.

[…]

Puis nous nous sommes assis et avons bu le café.

J’ai dit au shaykh Hâmid Al Fiqî -qu’Allah lui fasse miséricorde- : « Ô shaykh, j’ai une question », il dit : « Quelle est ta question ô mon enfant ? », je lui ai dit : « Comment es-tu devenu monothéiste alors que tu as étudié à Al Azhar ? Je voulais profiter et qu’en même temps les gens écoutent.

Le shaykh a alors dit : « Par Allah ta question est pertinente ».

Il dit : « Moi j’ai étudié à l’université d’Al Azhar, et j’ai étudié la ‘aqîda des gens du kalâm, qu’ils enseignent.

J’ai obtenu la licence et je suis reparti dans ma ville pour qu’ils se réjouissent de ma réussite.

Sur le chemin, je suis passé à côté d’un agriculteur qui labourait la terre.

campagne

Arrivé à son niveau il dit : « Ô mon enfant, assieds-toi sur le banc ».

Il y avait un banc sur lequel il s’asseyait lorsqu’il finissait son travail.

Je me suis assis sur le banc alors qu’il travaillait, et j’ai trouvé à coté de moi sur le bord du banc un livre.

Je l’ai pris et regardé. C’était le livre : « Ijtimâ’ al jouyoush al islâmiyyah ‘ala ghazwi al mo’attilati wal jahmiyyah » d’Ibn Al Qayyim.

J’ai donc pris le livre pour me divertir.

Quand il m’a vu le prendre et commencer à le lire, il s’est attardé.

J’ai alors eu le temps de me faire une idée du contenu du livre.

Après un certain temps pendant lequel il travaillait dans son champ et alors que j’étais en pleine lecture, l’agriculteur est venu et a dit : « Que la paix soit sur toi ô mon enfant, comment vas-tu, et d’où viens-tu ? ».

J’ai répondu à sa question, puis il me dit : « Par Allah tu es habile, car tu as progressé graduellement dans la science jusqu’à atteindre ce niveau.

Mais mon enfant, j’ai une recommandation », j’ai dit « Laquelle ? », l’agriculteur dit : « Tu as un diplôme pouvant te faire vivre partout, en Europe et en Amérique, partout.

Mais il ne t’a pas appris la chose que tu te dois de connaître avant toute chose. » J’ai dit : « Laquelle ? » Il dit : « Il ne t’a pas appris le Tawhîd ».

Je lui ai dit : « Qu’est-ce que le Tawhîd », l’agriculteur dit : « le Tawhîd des Salaf ». Je lui est dit : « Et qu’est-ce que le Tawhîd des Salaf ? », il lui dit : « Regarde comment l’agriculteur qui est devant toi a connu le Tawhîd des Salaf ». Il lui dit : « Ce sont ces livres : Le livre « As-Sounna » de l’imam Ahmad le grand, le livre « As-Sounna » de l’imam Ahmad le petit, le livre « At-Tawhîd » d’Ibn Khouzayma, le livre « Khalq af’âl al ‘ibâd » d’Al Boukhâri, le livre « I’tiqâd ahl as-sounna » du hâfedh Al-Lâlakâï, et il lui a énuméré beaucoup de livres relatifs au Tawhîd.

livresan

L’agriculteur a aussi cité les livres de Tawhîd des savants venus plus tard, puis il a cité les livres de shaykh al islâm Ibn Taymiyya et Ibn Al Qayyim, et il lui a dit : « Je vais t’indiquer où trouver ces livres ; lorsque tu arriveras dans ta ville et qu’ils te verrons et se réjouirons de ta réussite, ne t’attarde pas et reviens directement au Caire.

Quand tu y seras arrivé, rentre à Dâr al koutoub al misriyya, tu y trouveras tous ces livres que je t’ai cités.

Mais tu les trouveras sous un tas de poussière. Et moi je veux que tu les débarrasses de la poussière et que tu les propages. »

Ces paroles venant de ce modeste agriculteur savant sont allées droit dans le coeur du shaykh Hâmid Al Fiqî, car elles proviennent d’un homme sincère.

J’ai arrêté le shaykh et je lui ai demandé : « Comment l’agriculteur a eu connaissance de tout cela ? ».

Le shaykh Hâmid dit : « Il l’a su de son shaykh le sableur, entendez-vous parler du sableur ? », je lui ai dit : « Moi je ne le connais pas ce sableur, quelle est son histoire ? ».

Il dit : « Le sableur recherchait les livres de ses prédécesseurs, puis lorsqu’il trouva ce qu’il trouva, il rassembla ses ouvriers et ses balayeurs et commença à leur enseigner. Mais il n’était pas autorisé à enseigner cela librement et en public, et parmi eux il y avait cet agriculteur.

sable

Et cet agriculteur est digne d’être un imam parmi les imams, mais il se trouve ici dans l’agriculture.

Qui donc est apte à apprendre ? Mais le bien reste présent dans toute contrée jusqu’à l’avènement de l’Heure. »

Quand j’ai rejoint ma ville en Egypte, je suis reparti au Caire et j’ai mis la main sur tous les livres que m’avait cités l’agriculteur savant excepté un seul livre que j’ai trouvé après un long moment.

Après cela, l’assise a pris fin et le shaykh Hâmid Al Fiqî est parti.

Il venait en Arabie Saoudite et nous l’accueillions parmi la mission égyptienne à l’époque du roi Farouq tous les ans.

Cette histoire était la réponse à la question que j’ai posée au shaykh Hâmid lors de l’assise de l’homme syrien. »

Source : AbouLWaqt

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